La réception d'un paiement signifie que vos activités d'exportation ont été fructueuses et un paiement rapide en est une meilleure preuve. Les exportateurs qui doivent attendre indûment subissent une perte de profits.
Toute initiative d'exportation se fonde sur des conseils spécialisés. Il existe un certain nombre de facteurs qui influent sur les paiements d'exportation, mais qui ne touchent généralement pas les ventes au pays. Ces facteurs ont des incidences sur les délais de réception du paiement, lesquels peuvent influer sur le financement de votre programme d'exportation.
Rappelez-vous que l'exportation suppose des distances et des délais parfois très longs entre vous et le marché-cible, des transactions dans plusieurs devises, et l'application de régimes juridiques différents. N'oubliez pas non plus que les banques canadiennes ne financent pas officiellement les créances à l'étranger (sauf celles des États-Unis). Les méthodes de paiement suivantes peuvent vous intéresser:
Paiement d'avance (paiement anticipé)
Le paiement d'avance signifie que l'exportateur reçoit un paiement partiel ou total du client avant l'exportation des marchandises. La méthode est sans risque pour l'exportateur, mais extrêmement risquée pour l'importateur. Elle est généralement seulement utilisée pour payer des biens ou des services qui sont rares et très recherchés.
Lettre de change et traite
Ce sont des documents émis par des banques à charte qui indiquent la valeur totale des biens exportés et la date de paiement. Ils s'adressent à l'importateur et exigent le versement sur demande, ou à une date fixe ou « à déterminer », d'une somme d'argent donnée à une personne en particulier ou à son ordre. Le titre des marchandises n'est transféré qu'une fois le paiement effectué. Il existe deux types de traite : la traite à vue et la traite à terme. La traite à vue exige du client qu'il paie à vue, c'est-à-dire à la réception des biens, tandis que la traite à terme fixe une date de paiement après la réception des biens.
Lettre de crédit
La lettre de crédit constitue la méthode de paiement la plus couramment utilisée dans le milieu du commerce international, car elle offre une protection aux deux parties à la transaction. Elle est émise par le service international d'une banque à charte, habituellement celle de l'exportateur, et elle stipule toutes les conditions que doit remplir l'exportateur avant de recevoir le montant indiqué. Si l'exportateur satisfait à ces conditions, la banque s'engage à le payer. La lettre de crédit énumère les documents nécessaires aux fins du dédouanement et donne des détails sur toutes les autres conditions associées à la vente (p. ex. changement d'emballage ou traduction de la documentation).
La lettre de crédit peut être révocable ou irrévocable. La lettre de crédit irrévocable est préférable parce qu'elle ne peut pas être annulée unilatéralement et qu'elle réduit donc grandement les risques de non-paiement. L'exportateur peut aussi demander à la banque qui effectuera le transfert de fonds, habituellement sa propre banque, de confirmer la lettre de crédit. Cela signifie que la banque garantit le paiement une fois que l'exportateur aura satisfait aux conditions de l'entente. Cette confirmation fournit une assurance supplémentaire que l'exportateur sera payé.
Transaction en compte courant
Cette méthode est surtout utilisée entre les sociétés qui ont établi une relation de confiance depuis longtemps ou lorsque la marchandise est facturée au sein d'une même entreprise. Elle est également courante entre le Canada et les États-Unis. La transaction en compte courant consiste à établir la facture une fois que les marchandises ont été envoyées, exactement comme cela se fait dans les transactions nationales. L'exportateur qui utilise cette méthode assume tous les risques et, du fait de l'absence d'un instrument négociable pour confirmer la vente, il peut se heurter à des problèmes de recouvrement si le client refuse de payer.
Consignation
Lorsque les biens ou les services sont vendus en consignation, l'exportateur en conserve la propriété tant qu'ils n'ont pas été vendus. Le vendeur est responsable du fardeau et des risques financiers (c'est-à-dire les risques d'inexécution et d'avaries). Cette méthode de paiement est habituellement utilisée uniquement pour les marchandises qui présentent des risques ou qui ne sont pas très populaires.
Accord de réciprocité et de troc
L'accord de réciprocité est une méthode de négociation aux termes de laquelle une vente à un importateur est subordonnée à un achat réciproque de l'exportateur. Au lieu d'être payé comptant pour une livraison, l'exportateur reçoit des produits (ou même certains types de services) en provenance du marché-cible.
Les gouvernements des pays en voie de développement n'exigent souvent que les ententes commerciales contiennent des accords de réciprocité parce que cela leur permet de protéger leurs réserves de devises étrangères, de créer de nouvelles exportations ou de nouveaux marchés, d'équilibrer leurs activités commerciales pour des raisons économiques ou politiques, et d'acquérir de nouvelles technologies.
Le troc, ou paiement en nature, est la forme de réciprocité la plus simple. Il s'agit d'un échange réciproque de biens et de services entre deux ou plusieurs parties. Par exemple, deux sociétés commerciales nationalisées peuvent s'entendre sur un échange entre une certaine quantité de sucre contre une certaine quantité d'huile jugée de valeur égale.
Du fait des difficultés associées au commerce sans échange d'argent, les sociétés canadiennes ne pratiquent pas beaucoup le troc international. Pour réussir dans ce type d'entreprise, il faut analyser sérieusement la situation, bien connaître le marché international et, bien souvent, avoir de la chance. La meilleure chose à faire pour les débutants dans ce domaine est de chercher conseil auprès de ceux qui ont l'expérience du troc.