L'industrie de l'eau saine en Ontario - Histoires de réussite - Le Consortium pour l'eau du Sud de l'Ontario (CESO)

 L'industrie de l'eau saine en Ontario - Histoires de réussite - Le Consortium pour l'eau du Sud de l'Ontario (CESO)

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Le Consortium pour l'eau du Sud de l'Ontario (CESO) – Un joueur important dans l'expertise internationale en matière d'eau

Les Nations Unies affirment que, dans un peu plus de 10 ans, les deux tiers de la population mondiale, soit environ 5,5 milliards de personnes, feront face à des pénuries d'eau modérées ou graves. Et sans moyens plus astucieux d'utiliser les réserves existantes, la situation pourrait s'aggraver. En ce moment même, les réserves d'eau limitées menacent la croissance économique dans les pays développés.

Toutefois, les solutions pourraient bien venir de l'Ontario, grâce à un investissement sans précédent des secteurs public, privé et universitaire, qui fera de la région le centre international de recherche pour les entreprises désireuses de préserver la ressource la plus précieuse de notre planète. Les entreprises de l'Ontario, qui produisent déjà une technologie de l'eau saine à la fine pointe et commercialisée partout dans le monde, sont appelées à réaliser d'autres percées et à vivre une croissance majeure. L'élément déclencheur prendra la forme d'une « plateforme » réelle de 60 millions de dollars pour l'innovation en matière de gestion des bassins versants, des eaux usées et de l'eau potable, qui sera créée par le nouveau Consortium pour l'eau du Sud de l'Ontario (CESO).

Lab

« Ce projet propulsera au premier rang l'expertise de réputation internationale de l'Ontario dans le domaine de l'eau », affirme l'expert-conseil indépendant Walter Stewart, l'un des nombreux instigateurs de ce projet novateur depuis ses tout débuts, en 2007. « Les entreprises en technologie de l'eau auront un accès exceptionnel aux infrastructures municipales d'aqueduc et d'égouts pour mettre à l'essai leurs propres recherches et celles de leurs partenaires du monde universitaire. »

Le CESO joue réellement un rôle important et il jouit d'un appui vaste et substantiel. Le gouvernement de l'Ontario et le gouvernement fédéral constituent d'importants bailleurs de fonds. Huit universités reconnues pour leurs recherches de pointe dans le domaine de l'eau sont partenaires du consortium. Des villes du Sud de l'Ontario, y compris les collectivités plus importantes de London, Guelph et Waterloo, mettent leurs réseaux d'aqueduc et d'égouts à la disposition de la plateforme. De plus, quelque 70 entreprises, dont des chefs de file mondiaux en technologie de l'eau, sont également désireuses de participer à ce projet. IBM à elle seule offre un apport de 20 millions de dollars.

Ladite plateforme du CESO, ou « laboratoire vivant », se situe au cœur de la région du bassin versant de la rivière Grand, d'une superficie de 6 800 kilomètres carrés, qui compte près d'un million d'habitants. Cette plateforme deviendra de loin le plus important laboratoire de vérification de la qualité de l'eau.

La recherche intégrée sur l'eau constitue une autre caractéristique unique du consortium. Comme l'explique M. Stewart : « Nous serons par exemple en mesure d'évaluer l'impact des eaux usées traitées sur l'écologie du bassin versant ainsi que sur l'eau potable. Les chercheurs dans ces domaines travaillent habituellement en vases clos. »

UV treatment

Maintenant, ils discuteront et collaboreront à tous les aspects de la gestion de l'eau. « Nous sommes enchantés de prendre part à cette initiative », déclare Linda Gowman, directrice de la technologie pour Trojan Technologies, une entreprise ontarienne qui se sert des rayons ultraviolets notamment pour traiter les eaux usées dans plusieurs des plus importantes villes du monde.

Mme Gowman se réjouit particulièrement du fait que le CESO offre l'occasion de mettre à l'essai de nouvelles techniques dans des réseaux municipaux de traitement des eaux usées en exploitation. « Rien ne peut remplacer la réalité », déclare-t-elle.

Mme Gowman affirme que, depuis quelque temps déjà, l'entreprise estimait qu'une installation d'essai située à proximité conférerait à Trojan un avantage concurrentiel. Elle poursuit : « Nous aurons un accès immédiat à différentes qualités d'eaux usées pour effectuer nos essais, et en quantité nécessaire pour nos processus de développement commercial. »

John Vogan, chef des opérations canadiennes pour le compte d'Arcadis, l'une des plus importantes firmes d'experts-conseils au monde dans le domaine de l'eau, est d'accord pour dire que le laboratoire du bassin versant de la rivière Grand constituera le principal attrait du CESO. « L'accès à un emplacement où effectuer des tests représente l'un des plus grands défis auxquels sont confrontés les pionniers en recherche sur l'eau de partout au monde », affirme-t-il. Par conséquent, les produits testés en Ontario devraient être commercialisés plus rapidement et de façon plus efficace.

Grand River Watershed

Une autre entreprise chef de file en matière de traitement de l'eau est l'ontarienne GE Power and Water, qui se sert de membranes pour séparer l'eau propre de l'eau polluée. Jeff Cumin, le gestionnaire d'idées de l'entreprise et responsable des premières phases de R-D pour les membranes, affirme que le produit de GE emprisonne les virus, micro-organismes et autres contaminants invisibles. À mesure qu'un plus grand nombre de polluants provenant de sources aussi diversifiées que les entreprises pharmaceutiques, l'industrie et les aliments pour animaux menacent la qualité de l'eau potable, il devient de plus en plus essentiel de les isoler.

« Grâce au CESO, nous pourrons effectuer des essais à plus grande échelle pour améliorer la qualité et la performance », déclare M. Cumin. « L'intégration des divers aspects de la gestion de l'eau permet un contexte propice au développement échelonné afin d'obtenir des données réelles impossibles à reproduire en laboratoire. »

C'est là où IBM entre en jeu. « Il y a longtemps que nous cherchions un vaste projet de ce genre dans lequel investir », déclare Donald Aldridge, directeur général de la recherche et des sciences de la vie chez IBM Canada. « La possibilité de travailler avec des universités chefs de file et leurs talents actuels et futurs constitue un réel investissement dans l'avenir de l'Ontario à titre de centre d'innovation. »

La majeure partie des 20 millions de dollars investis par IBM iront à l'élaboration d'un logiciel perfectionné qui saisira et manipulera les données recueillies par des capteurs placés dans le bassin versant. Les données seront recueillies, analysées et emmagasinées, s'il y a lieu. Entre autres applications, les capteurs pourraient suivre les eaux d'égout traitées qui sont libérées dans le bassin versant ou détecter des fuites qui pourraient se produire dans les tuyaux d'eau potable.

Comme le dit M. Aldridge : « L'interaction entre les nombreux facteurs de nos réserves d'eau se complexifie de plus en plus en raison de nouvelles pressions découlant de l'urbanisation rapide et des changements climatiques. La croissance économique dépend de la résolution de ces problèmes, et nous voulons faire partie de la solution. »

L'Université de Waterloo a été désignée comme le chef de file des huit universités participantes, qui incluent l'Université de Toronto, l'Université McMaster, l'Université Guelph, l'Université Wilfrid-Laurier, l'Université de Western Ontario, l'Université Ryerson et l'Institut universitaire de technologie de l'Ontario. L'Université de Waterloo a obtenu plus de 75 brevets en lien avec l'eau grâce aux recherches qu'elle effectue depuis 50 ans.

Water Institute Logo

En 2009, cet établissement a créé le Water Institute, un institut de l'eau distinct, dont le corps professoral provient de 15 départements. Son directeur administratif, David Rudolph, est l'un des instigateurs du CESO.

« Nous sommes partis de l'idée de tirer profit de la capacité reconnue de l'Ontario en R-D pour les technologies de l'eau », affirme M. Rudolph. « Mais une grande partie de la force de nos recherches était répartie dans différentes universités et nous avions besoin de les réunir afin de devenir un joueur mondial plus important. »

« En ce qui a trait à l'obtention d'un soutien gouvernemental, l'élément ayant grandement changé la donne fut la conclusion d'ententes avec d'importantes entreprises multinationales et nationales qui ont su voir l'avantage d'une coalition à portail unique. Il s'agit d'entreprises désireuses d'interagir avec nous et les municipalités pour tester et commercialiser de nouveaux produits et technologies. »

Selon M. Rudolph, les recherches du CESO seront axées sur cinq domaines :

  • le traitement des eaux usées;
  • l'eau potable;
  • la viabilité des bassins versants;
  • l'écotoxicologie, ou dans quelle mesure les substances dangereuses ont des répercussions sur les réserves d'eau;
  • les capteurs, pour la détection rapide de contaminants.

M. Rudolph perçoit le CESO comme une façon de fractionner une approche historiquement conventionnelle et cloisonnée pour l'élaboration de nouvelles technologies de l'eau. « Notre approche intégrée et multidisciplinaire est unique au monde », affirme-t-il. « Pour la première fois, nous prévoyons être en mesure de manipuler des données perfectionnées en temps réel — le temps est la clé; il constitue un obstacle pour chacun. »

Une fois que le consortium sera pleinement fonctionnel, quelque part en 2014, il se financera en grande partie grâce aux frais d'utilisation. Entretemps, le téléphone de Walter Stewart ne dérougit pas « Je reçois des appels en provenance d'Israël, de l'Inde, de la Finlande et de partout en Amérique du Nord », affirme M. Stewart. « Ce projet sera énorme. »

Pour en savoir d'avantage : www.water.uwaterloo.ca